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Relation du voyage
Départ en douceur vers Amani, en chemin nous croisons un dromadaire, c'est le premier que nous voyons depuis Tombouctou. Notre destination première c'est la mare sacrée des caïmans, JP et François arrivent avant Christine et Isa, c'est normal, ils ont pris un raccourci le long de la falaise. Au loin Yayé, beau port de pêche bien isolé, les maisons troglodites nous sont signalés par Seydou comme encore habitées., et nous les femmes, nous avons suivi la piste qui n'est pas rectiligne. Les caïmans sont bien là, pour prendre des photos, il faut payer 1000 F. C'est la première fois qu'on commence à nous demander des sous pour voir quelque chose. Ils n'ont pas l'air violent, la preuve : les chèvres viennent boire l'eau de la mare à 50 cm de leur gueule. Il parait que des touristes achètent des poulets vivants pour les lancer dans la mare, on comprend mieux pourquoi ils ont l'air si léthargiques.
Nous continuons notre voyage pour Banani pour une escale de deux jours, c'est un village très animé, et pour cause, Sangha est juste au dessus et c'est soit le départ, soit l'arrivée des groupes. Beaucoup de véhicules 4x4 sont parqués devant les campements. Le notre est en hauteur, c'est une habitude. En face du marchand Ali Baba, mais il n'aime pas qu'on lui dise "et les 40 voleurs", il préfère "et les 40 amis", mais ça ne marche pas bien. Après un rafraichissement bien mérité, il commence à faire bon chaud, quelques parties de bridge.
Pour ce midi, le choix du repas c'est : riz, couscous ou pâtes - sauce aux légumes. Dessert sous forme de mangue fraiche (c'est pas encore la saison) ou ananas en boîte. C'est étonnant de voir les ronds d'ananas calibrés en forme et goût alors que, au village, on peut en trouver du frais bien meilleur et moins cher. Mais en bas de la falaise tout n'est pas disponible. De plus si nous mangeons des légumes frais, ils doivent impérativement être cuits. Pas de risque. Après le repas nous avons gouté du karkadi, c'est du bissap chaud, le bissap est une décoction de fleurs d'hibiscus séchées.
Pendant la sieste un peu altérée par les bavardages d'autres groupes de passage, Isa est la piste d'atterrissage d'un oisillon jaunâtre. Branlebas de combat pour le sauver. On le met dans une assiette avec de l'eau et des restes de papaye. Complètement tétanisé, il ouvre le bec mais aucun son ne sort. La mère fait des allers retours et puis... Un grand coup de vent renverse l'assiette et la nappe, mais l'oisillon est toujours accroché à son asiette. Remis de sa frayeur, il boit un peu. Christine en profite pour lui faire le prtrait, un oiseau qui ne bouge pas c'est rare. Elle le pose sur le muret de la terrasse, il fait un premier envol jusqu'à une chaise ou il s'accroche désespérément, on le sur le muret d'en face et là après s'être vérifié les ailes, les pattes et repris confiance, il s'élance dans le vide jusqu'à l'arbre où l'attend sa mère.
Après cette petite histoire, nous allons visiter le haut de Banani, dans la falaise. C'est rude, autour de nous beaucoup de "guide" qui veulent nous faire visiter l'artisanat local qui se trouve tout en haut. A mi chemin, nous apercevons un poulet sous une pierre, il a du être saigné pour un sacrifice. Nous continuons notre montée, Christine est prête à défaillir, faut dire que ça grimpe oui, mais il n'y a pas de marche, uniquement des rochers. Arrivée en haut, arrêt sur la place du village avec au centre les artisans du coin qui exposent à des prix défiant toute concurrence.
En bas, nous retrouvons les multiples marchands qui sont tous moins chers les uns que les autres, c'est un refrain bien connu qui n'étourdit pas les touristes que nous sommes. Seydou avait l'intention de ne plus avoir besoin des service de Moussa et de son zébu. Car il ne voulait pas faire la dune, mais plutôt faire des promenades avec les hommes laissant les femmes au campement. C'est drôle, elles n'étaient pas franchement d'accord pour rester enfermées toute la journée, car on ne peu pas sortir du campement sans être assaillis par les vendeurs et autres guides.