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Relation du voyage
Après le petit déjeuner, négociations pour savoir ce que feront ces dames. Initialement : rien, Seydou comptant bien renvoyer le charretier un jour plus tôt et laisser les femmes à l'auberge. Jean-Pierre revient à la charge en demandant que la charrette aille jusqu'au pied de la dune pour transporter nos impotentes. Le prétexte est le sable qu'il faut aller chercher (Christine tient ses promesses) A un homme , on ne peut dire non ou même s'opposer aux désirs.
Aussi à 8 heures, Moussa attelle Zébu pour notre ballade. Nous voici installés sur les matelas et direction la dune. En fait pas tout à fait car au préalable il faut régler la question des marchands qui font pression pour conclure les contacts de la veille. Donne ton prix ! donne ton prix ! Pas cher pour mon premier client ! Finalement les affaires se concluent en marchant. Comme nous ne voulons rien, tout s'arrange et nous achetons tout.
Nous voilà enfin partis, nous passons devant l'école qui était en grève depuis huit jours car les enseignants n'ont pas été payés depuis trois mois parait-il. Mais comment payer des fonctionnaires quand le gouvernement n'a pas d'argent et que personne ne paye d'impots ? Mais faisons confiance aux ONG pour construire des écoles et . Nous prenons par les champs. La charrette à un peu de mal dans les sillons. Camp de Touareg et crottes de zébu pour améliorer les champs. Seydou nous dit qu'il va voir plus loin si la piste est pratiquable. Oui, elle est pratiquable mais la dune est loin. Oui et alors, on a dit qu'on allait jusqu'à la dune, donc on y va, elle se rapproche et la falaise s'éloigne, le point de vue changeet nous prenons des photos bien différentes des jours derniers. Nous pensons que Seydou n'y est jamais allé et ne pensait pas qu'elle était si loin. Il est évident qu'on n'aurait pas pu y aller à pieds. Le sable est rouge et plein d'herbe rase avec moult crottes.
Nous montons, montons, montons, elle est bien haute cette dune, au sommet la dune est plate et les zébus y ont élu domicile, le sable de meilleure qualité est récolté par Cricri tandis que le paysage bien différent s'offre à nous. Très vert à certains endroits, il est rouge vif à d'autres. La plaine cultivable se détache bien et la falaise s'affiche maintenant comme un mur, une limite pour les cultures. Les villages montent vers son sommet et se répartissent tou au long de son étendue. Le zébu de Moussa mange du vert pendant ce temps. Le retour est rapide et sans histoire.
Moussa nous quitte avec zébu, notre prochain 4x4 sera un vrai, il viendra nous chercher demain. En fin d'après midi, les hommes vont faire une balade dans la falaise (un peu forcée la balade, ils seraient bien resté avec ces dames).
Un groupe d'hommes "endimanchés" passe dans la rue. Ce qui est surprenant c'est l'écharpe tricolore (vert, jaune, rouge) dont s'orne l'un d'eux. Ils disparaissent sur la piste au premier virage. Qu'est-ce que le maire fabrique à 10h30 sur la piste dans une telle tenue ? Et bien il accueille un haut responsable (du tourisme ?) astucieusement déposé par son 4x4 avec sa suite juste avant le village. Il descend donc la rue avec le maire, s'esbaudit à chaque pas de porte, parle aux uns et aux autres. Il est en saharienne avec un casquette style rappeur. Sa suite est en costume trois pièces satinées aux reflets bleu métallique sur pantalon gris. Brouhaha et puis départ en 4x4 par vague vers le village suivant.
En fin d'après midi, un "illuminé" chante lalala devant notre campement, c'est pas trop génant dans la mesure ou nous sommes en train de bridger.
C’est un vieux que tout le monde ignore ; un « marabout » au petit pied. Ce matin même nous avons assisté au départ d’un « vrai » marabout avec suite, chevaux et la population. Là c’est un vieux qui se fait nourrir. Le problème est que la mosquée (ce qui en tient lieu) est sous nos fenêtres. Elle reste encore à terminer. En effet seuls quatre murs existent, sans toit ni porte. Je suppose qu’il en existe une autre mieux aménagée et peut être aussi mieux achalandée. Toujours est il que le vieux gueule jusqu’au soir où il s’arrête. Mais lorsque nous nous couchons, il reprend ses litanies. JP saute de son lit et va pour le frapper. Notre guide s’interpose et préfère que le problème soit traité par le responsable du campement. Négociations maliennes. A l’évidence ça risque de discuter toute la nuit. JP sort engueule le marabout, le traite d’escroc, menteur, faux prophète mais n’entre pas dans la « mosquée » où le marabout s’est réfugié. Les quelques maliens présents sont bien ennuyés ce d’autant que JP aimerait bien que la maréchaussée ou les autorités locales interviennent. Malheureusement le maire vit à dix kilomètres de là et la police est inexistante. Finalement le responsable du campement fait loger Isa et JP dans une autre chambre plus calme et loin de la mosquée. Quand au Marabout, il va prêcher la population locale, enfin 3 pelés et deux tondus qu’il a réveillé, en Bambara alors qe les personnes présentes ne comprennent que le dogon. Dieu que les maliens sont gentils ! Dans d’autres régions ce marabout aurait été bastonné et jeté aux cochons ! Mais nous pouvons dormir ; enfin JP et Isa le peuvent. François et Christine auront eu droit au scandale puis au prêche. Ahhh Cricri et la religion…