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Relation du voyage
Après le petit déjeuner, nous partons en 4x4 vers Dourou, en effet le goudron s'arrête à Bandiagara, après c'est la piste. Nous avons 25 km à faire, et ça nous prendra 2 heures car nous nous arrêtons voir les jardins potagers, car le pays Dogon cultive des oignons et nourrit pratiquement tout le Mali, c'est Marcel Griole dans les années 1930 qui introduisit cette culture. Pour irriguer ces petits jardins (environ 4 m sur 4) ils utilisent des calebasses, dès que l'enfant est assez fort pour en porter une (pleine d'eau), il travaille aux champs, va chercher l'eau au puits et arrose le matin jusqu'à 10heures (après il fait trop chaud) et en fin d'après midi. Toute la famille est au travail, et les enfants vont rarement à l'école.
Nous arrivons à 10 heures à Dourou. Seydou explique que nous visiterons sa mère et ses cousines. Spécialité : l'indigo, tout est bleu foncé, tissé en coton en bandelette de 15 à 30 cm de large. L'indigo se présente sous forme de boule qu'ils font dissoudre, avant de le tremper dans une décoction bouillante teintée. La particularité de ces tissus réside dans la confection des dessins qui portent tous un nom. En effet, ils sont cousus de telle façon que la teinture ne pénètre pas dans les points de couture. Quand on découd les nœuds, on voit apparaître des motifs. Un pagne est fait de 5 ou 6 bandes. Rappelons que l'indigo déteint très fortement, il faudra de nombreux lavages pour que la couleur ne dégorge pratiquement plus. D'ailleurs il ne dégorge plus lorsque l'indigo a disparu. Avant il déteint sur la peau ou les autres vetements. Seydoux explique que l'on mélange indigo naturel avec indigo synthétique... bcp de synthétique et un peu de naturel...
Le campement Teria qu'Isabelle est Jean-Pierre ont connu 3 ans plus tôt, ne s'est pas amélioré dans l'hygiène, on pourrait même dire "détérioré", Si un bâtiment de parpaings s'est monté, les sanitaires se sont "sérieusement dégradés" ainsi que le toit du bâtiment principal qui sert de dépôt d'ordure en tout genre.
Nous apprenons que le patron est en voyage depuis deux jours, aussi, plus rien n'est entretenu, pas d'électricité (faut-il de la mise en marche du groupe !) des toilettes qui puent (qui décidera de mettre du grésil et de nettoyer), douches sans eau (faut-il remplir la réserve) et le reste à l'avenant.
Enfin pour l'instant, boissons fraiches et beignets. Jean-Pierre se sent une fringale venir et pendant que le reste de la troupe déguste, il s'empiffre et avale consciencieusement les beignets. Finalement le pays Dogon a du bon... Les beignets de blé (pas de mil) ! Pour le reste...
L'après midi, après la sieste sur le toit, nous faisons le tout du village. Seydou nous explique que le village est séparé en trois parties. La partie ancienne, musulmane, la partie administrative ou se trouve la sous-préfecture, la mairie et l'école du quartier et enfin le quartier qui regroupe les chrétiens et les animistes. C'est l'heure de l'activité trépidante : Quatre individus discutent à l'ombre près de l'entrée de la mairie. Les bâtiments sont totalement inactifs et portent haut leurs inscription relatant dans quel cadre ils ont été financés. Beaucoup de coopération allemande et française ! Même un bâtiment pour les élections . Enfin des toilettes neuves près d'une ruine et entourées d'un mur d'enceinte et d'une grille . Et dire que ces investissements ne vont créer que des dépenses d'entretien et non des richesses ! Mais c'est bien de faire une école pour des profs absents car non payés plutôt que de créer des emplois et des richesses.
Il y a neuf quartiers donc neuf togunas, autrement dit la case à palabres, suffisamment basse pour que l'on ne puisse tenir debout, comme ça s'il y a conflit et qu'un homme se mette en colère, il se lève de rage et se cogne brutalement au plafond et se rassoit aussi vite.
Il y a beaucoup d'enfants qui nous suivent, dans l'espoir d'obtenir des bonbons (mauvais pour les dents), des bics (ils ne vont pas encore à l'école, au Mali les enfants ne sont scolarisés qu'à l'age de 7 ans) ou un cadeau, Seydou nous explique que c'est la mauvaise habitude qu'ont pris les toubabs de donner sans recevoir, du coup ils pensent qu'on est là pour leur donner.
Nous visitons la famille élargie aux alliés et autres frères et sœurs, même père, même mère, ou rien du tout d'ailleurs, de Seydou qui est de Dourou, il nous demande de ne pas acheter maintenant car ils nous feraient un prix trop élevé. Au retour, si nous sommes intéressés, il nous donnera le bon prix. Christine en prend trois à cinq bandes. Il faut qu'elle dise aussi les motifs choisis, il ira à la nuit les acheter.
Retour au campement, douche et bridge avant apéro et repas. Dodo de bonne heure et pluie dans la nuit.